In the wake of Poseidon - King Crimson

Discographie complète de King crimson

Last Updated on 1 avril 2026 by Massimo M.

Sous la direction rigoureuse et visionnaire de Robert Fripp, le groupe a redéfini les frontières du Progressive Rock, traversant des phases symphoniques, jazz-fusion, new wave et metal industriel, sans jamais se répéter. Dans cette discographie complète de King Crimson, nous avons rassemblé non seulement les données techniques (labels, numéros de catalogue et années de sortie), mais aussi des mini-critiques et des anecdotes inédites sur chaque chapitre de leur histoire.

Pochette de l'album In the Court of the Crimson King - Discographie complète de King Crimson

« King Crimson est une manière de faire les choses. » — Robert Fripp

De la puissance iconique de In the Court of the Crimson King aux architectures géométriques de Discipline, jusqu’aux agressions sonores modernes de The Power to Believe, vous trouverez ici le parcours complet d’un groupe qui a influencé des générations de musiciens, de Genesis à Tool.

Albums studio

King Crimson In the court of crimson king

In the court of crimson king – Atlantic 8245 – 1969 – L’album qui a inventé le Rock Progressif. Un mélange parfait de fureur jazz-metal (21st Century Schizoid Man) et de lyrisme orchestral. C’est un chef-d’œuvre incontournable qui a redéfini les limites de la musique rock. Le célèbre visage terrorisé sur la pochette (l’Homme Schizoïde) a été peint par Barry Godber, un programmateur informatique décédé d’une crise cardiaque à seulement 24 ans, peu après la sortie du disque. C’est la seule peinture qu’il ait jamais réalisée.

In the wake of Poseidon – Island ILPS 9127 – 1970 – Souvent considéré comme le « jumeau » du premier album, il en reprend la structure tout en ajoutant des nuances plus mystiques et acoustiques. Des titres comme Cadence and Cascade montrent le côté le plus délicat de la vision de Fripp. Pendant les enregistrements, le groupe était pratiquement dissous. Robert Fripp a dû convaincre Greg Lake de chanter en échange du système de sonorisation (PA) de King Crimson, car Lake était déjà sur le point de former Emerson, Lake & Palmer.

Lizard de King Crimson

Lizard – Island ILPS 9141 – 1970 – Un labyrinthe sonore où le rock progressif rencontre le jazz d’avant-garde. Caractérisé par l’utilisation massive de vents (cor anglais, hautbois, claviers) et par des atmosphères médiévales distordues, c’est un disque érudit, excentrique et profondément différent de ses prédécesseurs. La suite sur la face B est une œuvre monumentale qui transporte l’auditeur dans un monde fantastique et inquiétant. Robert Fripp a entretenu pendant des années un rapport de « haine-amour » avec cet album, le qualifiant par le passé d' »inaudible ». Cependant, l’une des perles du disque est la participation extraordinaire de Jon Anderson (chanteur de Yes), qui prête sa voix angélique dans la section Prince Rupert Awakes. C’est la seule fois où ces deux légendes du prog ont collaboré officiellement en studio.
Larks’ Tongues In Aspic – Island ILPS 9230 – 1973 – Ce disque marque la rupture définitive avec le passé symphonique. L’arrivée de Bill Bruford (fuyant Yes) et du percussionniste « fou » Jamie Muir transforme le son en un amalgame de metal primordial, d’improvisation libre et de musique contemporaine. C’est un album anguleux, où le silence est aussi important que le bruit. Jamie Muir utilisait sur scène des objets absurdes comme des chaînes, des tôles de fer et même des sacs de feuilles mortes. Sa présence ne dura que pour cet album : juste après les enregistrements, il décida de quitter la musique pour se retirer dans un monastère bouddhiste en Écosse.
Starless and bible black – Island ILPS 9275 – 1974 – Un album « trompeur ». Bien qu’il sonne comme un travail de studio, une grande partie du disque est composée d’enregistrements live lourdement édités par Robert Fripp. C’est l’apogée de la capacité d’improvisation du groupe, capable de construire des structures monumentales en partant du néant absolu. Presque tout le matériel de l’album (sauf les deux premiers titres) a été enregistré lors du concert à Amsterdam en 1973. Le morceau Fracture, l’une des pièces techniquement les plus difficiles jamais écrites par Fripp pour la guitare, est une réélaboration d’une performance live que le groupe ne parvenait pas à reproduire parfaitement en studio.

king crimson red

Red – Island ILPS 9308 – 1974 – Le chef-d’œuvre absolu de l’expérimentation lourde. Avec une formation réduite en trio, les Crimson créent un mur de son brutal et mélancolique. Le titre éponyme est un exercice de puissance proto-metal, tandis que Starless (qui clôture le disque) est considérée par beaucoup comme la plus belle chanson jamais écrite dans l’histoire du Rock Progressif. Au moment de sa sortie, le groupe était déjà dissous. Robert Fripp déclara que King Crimson était « fini pour toujours » (une promesse qu’il ne tint heureusement pas). Malgré la séparation, l’influence de Red fut immense : Kurt Cobain de Nirvana le citait comme l’un de ses albums préférés de tous les temps.
Discipline – EG records EGLP49 – 1981 – Un coup de tonnerre dans un ciel serein. Avec l’arrivée d’Adrian Belew (guitare et chant) et du virtuose de la basse Tony Levin, les Crimson abandonnent les longs solos épiques pour un son géométrique, fait d’entrelacements guitaristiques millimétrés. C’est l’album qui fusionne le rock progressif avec la new wave et la world music. Tony Levin introduisit sur ce disque le Chapman Stick, un instrument à dix cordes joué avec la technique du tapping. De plus, la structure complexe de Frame by Frame est inspirée des principes du minimalisme de Steve Reich, où les deux guitares jouent la même séquence mais avec des tempos légèrement décalés.
Beat – Warner Bros. 2369 – 1982 – Le premier album de l’histoire du groupe à conserver la même formation que le disque précédent. C’est un travail plus accessible et atmosphérique, fortement influencé par la littérature de la Beat Generation. Des titres comme Heartbeat montrent un côté presque « pop », tout en conservant une structure technique sophistiquée. L’album est un hommage direct aux écrivains Jack Kerouac et Allen Ginsberg. Le morceau Neal and Jack and Me fait référence à Neal Cassady et Kerouac. Ce fut un disque difficile à enregistrer en raison des tensions croissantes entre Fripp et Belew sur la direction commerciale du groupe.

Three of a Perfect Pair discografia dei king crimson

Three Of A Perfect Pair – Warner Bros. 25071 – 1984 – L’album qui clôture la trilogie des années 80 est idéalement divisé en deux faces : le « Left Side », avec des chansons plus structurées et mélodiques, et le « Right Side », dédié à l’expérimentation pure et à l’improvisation industrielle. C’est le disque le plus extrême de cette période, anticipant les sonorités industrielles des années 90. Le titre et la pochette (une œuvre de Peter Willis) représentent la synthèse des opposés : le masculin et le féminin, le sacré et le profane, le chaos et l’ordre. Après la tournée de cet album, Fripp dissolut à nouveau le groupe, qui ne reviendrait que dix ans plus tard avec la formation en « double trio ».

La Formation Double Trio :

  • Guitares : Robert Fripp & Adrian Belew
  • Basse/Stick/Warr Guitar : Tony Levin & Trey Gunn
  • Batterie/Percussions : Bill Bruford & Pat Mastelotto

Vroom – Discipline global mobile – 1994 – Plus qu’un simple EP, c’est le manifeste programmatique de la nouvelle incarnation du groupe. Ici, les Crimson testent la puissance du double trio, alternant moments de chaos contrôlé et ballades éthérées. C’est l’amuse-bouche parfait qui prépare le terrain pour l’impact de THRAK. Ce disque marque le retour de King Crimson après dix ans de silence absolu. La formation comprenait les « vétérans » Fripp, Belew, Levin et Bruford, avec l’ajout de Trey Gunn (Warr Guitar) et Pat Mastelotto (batterie), créant une section rythmique monumentale.
THRAK – Virgin Records America 8-40313-2 – 1991 – Le seul véritable album studio du sextuor. C’est un disque dominé par des riffs lourds et dissonants (VROOOM, B’Boom) opposés à des moments de pure beauté mélodique (Walking on Air). L’utilisation des deux batteries crée un mur de son percutant jamais entendu auparavant dans le rock progressif. Le terme « THRAK » n’est pas un mot réel, mais une onomatopée inventée par le groupe pour décrire le son d’une guitare frappée avec une force extrême. Pendant les enregistrements, les deux trios (Fripp/Gunn/Bruford et Belew/Levin/Mastelotto) étaient souvent enregistrés sur des canaux séparés (droite et gauche) pour permettre à l’auditeur de distinguer les différentes textures sonores.
Space groove (Project two) – Discipline (Global Mobile) DGM-9801 -1998
The construktion of light – Virgin Records America 8-49261 – 2000 – Après le départ de Bill Bruford et Tony Levin, les Crimson reviennent en quatuor (Fripp, Belew, Gunn, Mastelotto). C’est un album dense, complexe et presque dépourvu de concessions mélodiques. Les guitares s’entrelacent dans des algorithmes sonores complexes, créant une atmosphère froide et futuriste. Sur ce disque, Pat Mastelotto utilise presque exclusivement des percussions électroniques et des « V-Drums », conférant à l’album ce son métallique et industriel qui le caractérise. La suite Larks’ Tongues in Aspic – Part IV ferme idéalement le cercle entamé près de trente ans plus tôt.
Heaven and earth (Projekt X) – Discipline (Global Mobile) DGM-00005 – 2000
The power to believe – Sanctuary (06076-84585-2 – 2003 – Considéré par beaucoup comme le meilleur travail des Crimson depuis les années 80, cet album fusionne la férocité du metal moderne avec l’électronique d’avant-garde. C’est un disque puissant, équilibré et incroyablement actuel, alternant moments de violence sonore (Level Five) et haïkus sonores d’une rare beauté. L’album est structuré autour de quatre courtes pistes intitulées The Power to Believe, basées sur un poème d’Adrian Belew. C’est le dernier album de matériel inédit enregistré en studio par le groupe avant que Robert Fripp ne décide de se concentrer exclusivement sur l’activité scénique avec la formation monumentale à trois batteries des années 2010.
A Scarcity of Miracles (a King Crimson Projekct by Jakszyk, Fripp and Collins) – Inner Knot Records KCLP21 – 2011

Albums Live

Earthbound – Island HELP-6  – 1972
USA – Island ILPS 9316 – 1975
Strange tales of the sailor (enregistrements live de 1972) – Dynamite Studio 911802 – 1991
B’Boom. Official bootleg. Live in Argentina – Discipline (Global Mobile) DGM-9503 -1995
Epitaph, volumes one & two – Volume 1 : Titres 1-4 enregistrés à la BBC Radio, titres 5-7 enregistrés au Fillmore East, titres 8-11 enregistrés au Fillmore West. Volume 2 : enregistré au Fillmore West – Tous les enregistrements datent de 1969 – Discipline (Global Mobile) DGM-9607 – 1997

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